Communiqués


16.12.2009: un crédit complémentaire pour le carrefour St-Léonard

Le Conseil d'Etat a approuvé la nouvelle variante du carrefour St-Léonard conçue pour améliorer la fluidité du trafic aux heures de pointe et assurer un cheminement piétonnier et cycliste optimal dans cette zone vouée aux sports et aux loisirs. Le Grand Conseil devra se prononcer, lors d'une prochaine session, sur l'octroi d'un crédit d'engagement complémentaire de Fr. 28 millions pour la réalisation de l'ouvrage.

Le carrefour St-Léonard tel que mis en l'enquête en 2005 présentait des réserves de capacité insuffisantes, en particulier dans une zone vouée aux loisirs, aux sports et aux événements publics. Afin d'apporter une solution viable à long terme, la nouvelle variante adoptée par le Conseil d'Etat et transmise au Grand Conseil prévoit de réaliser une galerie souterraine sous la route de Morat, entre le carrefour Général-Guisan à Fribourg et le carrefour des Grives à Granges-Paccot. La nouvelle variante a pour but de faire passer en souterrain le maximum des 28'000 véhicules qui transitent chaque jour vers le Schoenberg, la ville de Fribourg et Morat. Elle permettra ainsi d'offrir un espace sécuritaire en surface pour les piétons et les cyclistes et d'améliorer les performances des transports publics. Elle permettra également de fermer les espaces routiers supérieurs à la circulation lors de manifestations, en-dehors des heures de pointe.

Le trafic de transit en souterrain : Le projet prévoit la construction d'une galerie souterraine. Le carrefour giratoire inférieur a une géométrie adaptée à la charge de trafic avec un diamètre extérieur de 32 mètres. Tout le trafic de transit est dirigé vers la galerie. Sur la chaussée supérieure, la charge de trafic ne concerne que le réseau de distribution local avec l'accès aux centres commerciaux, au cimetière, au P+R, au secteur des abattoirs ainsi qu'à la route de Grandfey, y compris l'accès au château de la Poya. Pour le carrefour Mettetlet, la configuration de l'aménagement permet une réserve de capacité pour des développements urbanistiques futurs des flancs de la colline de Torry sur la commune de Granges-Paccot.

Transports publics : Le parcours des bus reste au niveau de la voirie supérieure avec la possibilité, compte tenu de la faible densité de trafic, de placer les arrêts sur chaussée. La ligne de bus 1 (Marly-Portes de Fribourg) emprunte la future allée du cimetière (entre les nouveaux terrains de football et la patinoire).

Mobilité douce : Le gabarit des chaussées supérieures permet l'inscription d'une bande cyclable sur tout le projet Poya et le concept prévoit de les poursuivre au-delà du Lavapesson jusqu'aux Portes de Fribourg. La voirie supérieure est aménagée pour faciliter les traversées piétonnes. Les cheminements empruntent des trottoirs généreux le long de la chaussée et des espaces conviviaux dédiés aux piétons sont prévus.

Coûts de la nouvelle variante : En vue de financer la galerie souterraine St-Léonard, le Grand Conseil devra se prononcer sur l'octroi d'un crédit d'engagement complémentaire de Fr. 28 millions. Ce crédit correspond à la différence entre le coût de la nouvelle variante estimé à Fr. 48'429'000.- et le coût du projet précédent.

Planification : En cas d'acceptation, le projet sera mis à l'enquête publique avant d'être approuvé par la Direction de l'aménagement, de l'environnement et des constructions. La mise en soumission aura lieu en fin 2010 et la réalisation débutera la deuxième moitié de 2011. Les prévisions font état d'une fin des travaux en 2014.

Plan inférieur projeté - Plan supérieur projeté (PDF)


Revue de presse


Un Fribourgeois primé à Bangkok

Fribourg, ville de ponts avait une belle image avec ses ouvrages d'art audacieux et précurseurs. De nouveaux ingénieurs, des jeunes issus de l'Ecole d'ingénieurs et d'architectes de Fribourg, voient leurs qualités reconnues. L'effort n'est pas vain, sous l'angle de la formation, pour reprendre les points perdus ces dernières années dans le classement de notre cité comme ville d'art et d'études. (NN)

C'est à Bangkok, en Thaïlande, que s'est tenu fin 2009 le dernier le congrès annuel de l'Association internationale des ponts et charpentes (AIPC), qui a pour but de rassembler des ingénieurs civils du monde entier afin de permettre des échanges au sujet de l'évolution des technologies constructives à travers le globe. Deux collaborateurs de l'Ecole d'ingénieurs et d'architectes de Fribourg (EIA-FR), Eyüp Selçukoglu et Lionel Moreillon, ont participé à ce congrès.

Auteur d'un travail de diplôme remarqué sur le pont de la baie de Masan, en Corée («La Liberté» du 28 nov. 2008), Eyüp Selçukoglu a participé dans le cadre du congrès à un concours ouvert aux ingénieurs de moins de 35 ans. Et à sa grande satisfaction, il a reçu un des deux «Young Engineers Award», récompense saluant les meilleures contributions. De bon augure pour la carrière déjà bien lancée de cet ingénieur turco-fribourgeois qui travaille pour le Département de la construction et de l'environnement (CEN) de l'EIA-FR en qualité le collaborateur scientifique.

Travaillant de son côté sur une thèse de doctorat réalisée pour l’EIA-FR en collaboration avec l’Ecole nationale des ponts et chaussées de Paris, Lionel Moreillon a quant à lui profité du congrès de l'AIPC pour présenter, ses recherches, portant sur les bétons fibrés à hautes performances.
La Liberté - SGO - 22.12.2009


10 novembre 2009

Un grand spécialiste des ponts à Fribourg, Michel Virlogeux, l'ingénieur à qui l'on doit le pont de Normandie et le viaduc de Millau, viendra parler des grands concepteurs de ponts à l'Ecole d'ingénieurs demain.

«Les grands ingénieurs», par Michel Virlogeux, me 11 novembre, 17 h 30, Ecole d'ingénieurs et d'architectes, auditoire E. Gremaud, entrée libre.

Le génie civil dépasse parfois le cadre étroit des équations de résistance des matériaux. Et débouche sur des amitiés aussi solides que les ouvrages que cet art produit. C'est grâce à ses liens privilégie avec Michel Virlogeux, concepteur notamment du viaduc de Millau, que René Suter, professeur de génie civil à l'Ecole d'ingénieurs et &architectes de Fribourg (EIA-FR), a pu inviter cet ingénieur français à venir donner une conférence sur les bords de la Sarine, le 11 novembre. Cette intervention d'un des plus grands spécialistes des ponts haubanés marquera l'avant-dernier événement du 50e anniversaire du département de génie civil de l'EIA-FR.

«J'ai fait la connaissance de Michel Virlogeux dans les années 80 lorsque j'étais professeur à l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne», explique René Suter. «J'étais alors assistant du professeur Renaud Favre Michel Virlogeux était quant à lui ingénieur et directeur technique responsable de la conception et de la construction des ponts à haubans de France. Il travaillait pour la SETRA, Service technique d'études des routes et autoroutes françaises. A l'époque, il lançait un programme très ambitieux et innovant»

Lorsque son professeur de thèse principal était occupé, René Suter faisait le voyage de Paris pour suivre les conférences de l'ingénieur français. «Michel. Virlogeux était déjà un spécialiste des ponts haubanés», poursuit R. Suter. «Il réalisait le pont de Brotonne au nord de Paris d'une portée de 330 m. Et c'est alors qu'il a eu l'idée du pont de Normandie, d'une portée de 850 m. ! » A EPFL, René Suter a même effectué des tests pour l'audacieux ingénieur français. «J'ai mené à bien des essais pour un pont qu'il projetait de construire à Charolles, à l'est de Mâcon», ajoute R. Sauter. Il s'agissait d'un ouvrage non haubané très spécial.

En vingt ans, Michel Virlogeux (63 ans) a conçu une centaine de ponts mais, curieusement, il n'a pas choisi ce thème comme intitulé de sa conférence. Son propos le 11 novembre aura pour sujet «Les grands ingénieurs», histoire de leur rendre hommage. René Suter a rappelé avec humour à l'ingénieur français de ne pas oublier de parler de lui-même...

«Les grands ingénieurs», par Michel Virlogeux, me 11 novembre, 17 h 30, Ecole d'ingénieurs et d'architectes, auditoire E. Gremaud, entrée libre.

La Liberté - 10 Novembre 2009 - Pierre-André Sieber

 

11 juillet 2009

Un consortium fribourgeois construira le pont de la Poya

La Direction des constructions a adjugé le pont, pour 56 millions. Cinq consortiums ont soumissionné. Le point sur le chantier. C'est le plus gros montant jamais adjugé par l'Etat de Fribourg: 56 millions: Le directeur de l'aménagement, de l'environnement et des constructions Georges Godet l'a annoncé hier lors d'un point presse. Cette somme correspond à l'offre la plus basse pour la construction du pont de la Poya, mise en soumission en octobre dernier. Elle émane d'un consortium fribourgeois formé de trois entreprises: la filiale fribourgeoise d'Implenia Construction (ZH), Grisoni-Zaugg (Bulle) et Routes Modernes (Fribourg).

Georges Godel s'est dit "heureux et fier" que ce marché soit remporté par des entreprises établies dans le canton. Le consortium fribourgeois l'a emporté devant quatre autres soumissionnaires, dont un français. Les offres se situaient dans une fourchette de 56 à 72 mio, les quatre premières se tenant dans un écart de 7 à 8%. "Nous avons vérifié que l'adjudicataire ait tout prévu dans son offre. Il ne devrait pas y avoir de surprise."

Des rapports trimestriels
A ce jour, près de la moitié des travaux ont été adjugés. Par rapport aux résultats de l'audit ("la Liberté" du 7 février), l'augmentation du coût est actuellement de 5%, à 145 mio (+7 mio). "Je suis très satisfait: on est dans la cible, caria vérité sort avec les soumissions", déclare Georges Godel. "L'organisation du projet est extrêmement efficace. Grâce aux rapports trimestriels, qui mettent une certaine pression sui les mandataires, nous avons un contrôle permanent des coûts", poursuit le patron de la DAEC.

Avec l'adjudication du principal lot, une étape importante est franchie. Elle le sera définitivement dans dix jours, une fois passé le délai de recours accordé aux soumissionnaires écartés. A signaler que d'autres lots concernant le pont, comme celui des haubans, ont déjà été adjugés, pour 4,3 mio.

La construction du pont débutera à la fin août? A quel bout ? En principe, le premier pilier de l'ouvrage devrait émerger d'abord du côté du Palatinat, sur la rive gauche. Mais le recours déposé par un privé contre le défrichement de 5'400m2 de forêt nécessaire à l'aménagement d'une route d'accès au chantier est toujours pendant devant le Tribunal fédéral (TF).

Une fois le pont terminé, il est prévu de replanter 6'000m2 de bois sur le site. Si la réponse du TF ne tombe pas ces prochaines semaines, le chantier débutera alors à l'autre extrémité, côté Schönberg, où le nouveau carrefour de Bellevue sera terminé à la fin septembre.

20 Mio de plus à la fin 2009
Actuellement, le calendrier du projet Poya est tenu, a expliqué hier, l'ingénieur cantonal André Magnin, Le collecteur d'eau claire au Lavapesson sera achevé à la fin de ce mois. "Il est dans le devis. " Mais c'est surtout l'élargissement à quatre voies de la route de Morat qui perturbera prochainement les usagers. La première étape concernera le tronçon entre le-pont de l'autoroute et le carrefour des Grives qui donne accès au centre commercial d'Agy. Ces travaux ont été avancés et débuteront en septembre. Ils s'étaleront sur une année. Quant au nouveau projet de carrefour en dénivelé à Saint-Léonard, les études sont en cours et le projet définitif sera prêt pour l'automne. Georges Godel espère passer le crédit additionnel au Grand Conseil avant la fin de l'année. Le surplus est estimé entre 20 et 25 mio.

La Liberté du 11.07.09 - Claude-Alain Gaillet

 

7 février 2009

Le projet Poya passe de 120 à 158 mio

Surcoûts. Par rapport au crédit voté par le peuple, le surcoût du projet est de 4,7 moi. A quoi s’ajoutent 13 moi d’indexation et, surtout, quelque 20 moi pour la variante en dénivelé du carrefour Saint-Léonard.

Globalement, le projet du pont de la Poya coûtera un tiers plus cher que le crédit de 120 millions de francs accepté par les Fribourgeois en septembre 2006. Une partie des surcoûts sont mis en évidence dans l'audit demandé par Georges Godel. D'autre part, le dépassement s'explique par la nouvelle variante du carrefour à Saint-Léonard (voir ci-dessous). Le détail a été présenté hier aux médias par le directeur de l'Aménagement, de l'environnement et des constructions (DAEC), accompagné de l'ingénieur cantonal André Magnin, du manager de projet Christophe Bressoud et de Benoit Stempfel, ingénieur du bureau mandaté pour le carrefour Saint-Léonard.
Georges Godet a très vite tiré les leçons du faramineux surcoût de la H189. Sitôt connu le dépassement du contournement bullois, il a voulu en avoir le cœur (et la conscience) net pour le projet Poya et a à nouveau mandaté un audit de contrôle auprès de l'Inspection des finances. Parallèlement, il a chargé son nouvel ingénieur cantonal André Magnin de réorganiser le Service des ponts et chaussées (SPC). Pour mener à bien leur mandat, les inspecteurs financiers se sont adjoint las services d'un expert bernois.

Ils ont remis leur rapport à la DAEC à la mi-janvier.

De "graves lacunes"
Selon l'audit, l'organisation générale du projet a présenté de "graves lacunes" jusqu'au début 2008: nombre élevé d'intervenants, déroulement irrégulier des phases initiales du projet, quasi-absence de management, responsabilités insuffisamment définies.
Pour améliorer le fonctionnement, les auteurs du rapport recommandent de renforcer le soutien au maître d'ouvrage par un bureau d'appui plus actif, qui doit jouer le rôle d'un état-major, avec la responsabilité de contrôler la qualité et les aspects financiers, et de gérer les délais. Vu l'importance du projet, il est aussi recommandé de s'entourer d'ingénieurs experts en ponts et en tunnels. Autre point important à améliorer: des remplaçants doivent être nommés pour les fonctions clés, telles que manager de projet. Enfin, s'agit d'établir pour les mandataires des-dei, de charges détaillé précis.

Enfin, il s’agit d’établir pour les mandataires des cahiers de charges détaillés et précis.

Modifications "substantielles"
L’audit portait également sur l'état d'avancement du projet Poya au moment de déterminer le devis estimatif. Pour rappel, le crédit a été voté sur un projet qui n'était pas définitif. Qu'il s'agisse du pont, du tunnel ou de la route de Morat, les études en étaient à des stades différents.
Cela dit, le projet du pont n'a pas subi de modifications majeures entre sa mise à l'enquête en 2005 et septembre 2008. L'état d'avancement de son étude est qualifié de "bon". Il n'en est pas de même pour le tunnel qui, dans le même laps de temps, a subi des modifications "substantielles". Le passage sous la digue CFF n'est pas définitivement réglé et le devis général du tunnel à été sous-évalué au niveau des réserves.

Quant à la route de Morat, le nombre élevé de lots peuvent entraîner des problèmes de coordination. Le montant retenu pour le crédit mis en votation correspondait à l'avant-projet. Et l'actuelle variante en dénivelé au carrefour Saint-Léonard a été retenue il y a deux mois et demi ("La Liberté" du 27 novembre). Par conséquent, l'audit ne l'a pas prise en compte. A noter aussi que les travaux d'électro-mécanique compris dans les devis de 2005 ne concernaient que le tunnel.

2,4 mio pour le canton
La conclusion du rapport est claire: un ouvrage ne devrait pas être soumis en votation populaire au stade d'avant-projet mais sur la base d'un projet définitif, validé par le comité de pilotage.

L'audit a encore analysé l'aspect financier du projet. Aux 120 mio devisés en 2005, il convient d'ajouter 13 mio d'indexation. Les corrections et modifications du projet (toujours sans la nouvelle variante de Saint-Léonard) aboutissent à un devis révisé de près de 137,7 mio. Le dépassement est ainsi de 4,7 mio (137,7 mio moins 133 mio), soit 3,5% des 133 mio. La Confédération est entrée en matière l'an dernier sur un montant indexé de 135 mio. Elle en subventionnera la moitié. Par rapport au crédit disponible, la part cantonale du surcoût s'élève à 2,4 mio.

Quant aux honoraires, l'audit demande de ne payer les factures que si elles se réfèrent à un numéro de contrat valablement signé. Il observe que le crédit disponible pour les études était dépassé en 2007 déjà.
Les inspecteurs se disent "assez confiants quant au respect du crédit alloué". Le coût du pont représente environ la moitié du coût total. Il pourrait môme profiter d'une baisse des prix à la construction, liée à la crise financière actuelle, note l'audit.

Bientôt "l'heure de vérité"
Georges Godel et André Magnin n'ont pas attendu les conclusions du rapport pour agir. Le mandat pour appuyer le maître d'ouvrage est actuellement en soumission. En outre, un spécialiste des ponts, le professeur à l'EPFL Aurelio Mutoni, jouera les experts. La nouvelle organisation, elle, fonctionne à satisfaction. Le SPC bénéficie aussi d'un poste supplémentaire. Mais il reste encore à engager trois des cinq ingénieurs nécessaires, indique André Magnin.
Pour contrôler en permanence les coûts, Georges Godel convoquera le comité de pilotage tous les trois mois. Mais " l’heure de vérité" est attendue dans deux semaines: c'est au 20 février en effet qu'a été fixé le délai pour déposer les soumissions concernant la construction du pont haubané.

Le carrefour Saint-léonard va peser lourd

Régler par de simples feux les trafics convergents de deux principaux axes, celui de la route de Morat et celui du pont de la Poya, qui plus est dans un secteur d'importantes infrastructures sportives: cette solution en a laissé plus d'un sceptique. Georges Godel a eu les mêmes doutes. C'est pourquoi le directeur de la DAEC a demandé l'étude d'une variante.
Présenté en novembre dernier, le projet d'un accès en dénivelé, en partie sous la route de Morat, pour aller vers le pont de la Poya, est considéré comme la solution "idéale". Elle augmente la sécurité des piétons qui traversent la route de Morat, elle améliore la fluidité du trafic, elle profite aux transports publics et permet d'aménager des bandes cyclables sécurisées, énumère l'ingénieur Benoît Stempfel. De plus, la fermeture temporaire du tronçon en surface devant la patinoire et la future halle omnisport (en construction) est aisément réalisable lors d'importantes manifestations sportives.

Ce gain de sécurité et de souplesse a un coût. Des 15 mio estimés pour le projet initial, on passe à 35 mio, soit un surcoût de 20 mio. Des chiffres à prendre toutefois avec précaution, insiste Georges Godel. Car pour l'heure, on n'en est toujours qu'à l'avant-projet. Le montant final peut donc encore évoluer de 15%, vers le haut comme vers le bas.
Cette variante devra bien sûr être mise à l'enquête, ce qui est susceptible d'entraîner quelque retard. Le chantier, lui, devrait durer deux ans et demi.
En attendant des jours meilleurs, la ville de Fribourg a remisé dans un tiroir son projet d'un silo à voitures, à construire sur le site des abattoirs jouxtant le carrefour de Saint-Léonard.

L'Etat n'a pas les moyens de contraindre la commune à réaliser ce parking. Mais, même si ce dernier ne se réalise pas, cela ne va pas péjorer le nouveau projet de carrefour, estime Georges Godel

Le directeur de la DAEC a profité hier de faire le point sur les recours contre le projet Poya. ll n'en subsiste désormais plus qu'un, pendant devant le Tribunal fédéral. Il concerne le défrichement d'une zone située sous le pont. Les quelque 2'200 m2 de bois à enlever seront largement compensés par la plantation d’une surface plus étendue de 600 m2 , a précisé Christophe Bressoud, manager du projet Poya.

Transparence, le maître mot

Quelque 20 mio pour le carrefour Saint-Léonard, plus 2,4 moi de surcoûts pour le reste du projet Poya: Georges Godel devra aller quémander une grosse rallonge au Grand Conseil. Il le fera l'automne prochain. Sur la base d'un projet définitif. Car le directeur de la DAEC entend bien appliquer dorénavant à la lettre la recommandation de l'Inspection des finances. Il dédouane cependant son prédécesseur: pour obtenir l'aide fédérale, le canton devait absolument faire passer le projet Poya devant le peuple avant la fin 2006, même si certains aspects n'en étaient qu'au stade des avant-projets.

Reste que Georges Godel devra convaincre le parlement.
Comment s'y prendra-t-il, après l'amère pilule de la H189 qu'il devra faire passer aux députés vendredi prochain? Et comment restaurer la confiance, sachant que le peuple ne se prononcera pas, le crédit sollicité se situant en dessous de la barre du référendum obligatoire? Georges Godel répond par son mot fétiche: la "transparence". "On dit tout ce qu'on sait. Il n'aurait pas été honnête de ne pas demander cet audit, ni de ne pas demander une variante pour Saint-Léonard, laquelle nous convainc à 100%. L'an dernier, j'ai mis le Service sous pression. Mes collaborateurs ont fait un travail énorme. Avec ça, je crois que le peuple nous fera confiance."

Hier, seul le Parti socialiste a réagi. Pour, justement, "remercier le Conseil d'Etat pour sa transparence". Mais aussi pour regretter que le projet initial à Saint-Léonard ait été "trop bon marché pour être vrai et trop difficile à mettre en œuvre pour être vraiment pratique". Bref, surcoûts de la H189 + surcoûts de la Poya, "cela fait beaucoup", conclut-il.

La Liberté - CLAUDE-ALAIN GAILLET